Mapillary: prenez les commandes de l’espace

 

Cartographier un territoire prend une nouvelle dimension avec les nouvelles caméras qui enregistrent des images à 360°. Une immersion presque totale dans l’espace et une exploitation plus fine des informations terrain grâce à l’application Mapillary. Simon, cartographe chez Geovelo, vous raconte comment cette technologie a révolutionné la collecte de données sur le terrain et sur OpenStreetMap.

 

Simon est cartographe chez Geovelo. Son rôle: veiller sur les données d’OpenStreetMap, les mettre à jour et les rectifier si besoin. Geovelo est d’ailleurs l’un des principaux contributeurs de la base de donnée collaborative. Mais Simon s’échappe régulièrement sur le terrain, pour rendre compte des données de nouveaux territoires partenaires de Geovelo. « Traditionnellement on allait sur le terrain et on éditait directement sur place, quelque part sur un banc. Et cela tous les 500m… c’était compliqué! ». La technique a aujourd’hui évolué. Simon a troqué le papier et le crayon pour une caméra à 360° et l’application Mapillary. L’avantage est que l’objectif prend en compte la quasi globalité de l’environnement. C’est aussi la possibilité de « revoir des choses que l’on a raté sur le terrain, comme ce qui est dans notre dos (panneaux, arceaux vélos etc…).

Tout se joue ensuite sur MapillaryCe logiciel en ligne de partage de photos géolocalisées,prises toutes les x secondes, est une sorte de « street view » collaboratif. A pied, à vélo ou en voiture, grâce à l’application Mapillary et un simple smartphone, tout le monde peut venir enrichir la base collaborative d’OpenStreetMap. Les images sont en effet réutilisables sous licence CC-BY-SA (citer l’auteur et republier sous le même type de licence) pars tous, y compris les entreprises et collectivités. Des images utiles pour certaines études ou pour récupérer sa propre cartographie de territoire (aménagements cyclables, localisation de panneaux signalétiques ou mobilier urbain tel que les lampadaires, bancs publics, poubelles etc.).

Chez Geovelo, les informations sont ainsi traitées via Mapillary, ce qui permet le partage des infos récoltées sur le terrain. « Nous vérifions tout mais cette fois-ci, le travail de saisit se fait au bureau » sourit Simon. L’application en quelques mots:

  • Nous utilisons Mapillary comme les conditions générales de Google ne sont  pas compatibles avec les données communes de OpenStreetMap.
  • C’est la personne qui a pris les photos qui traite les données.
  • Mapillary floute les visages et plaques d’immatriculation. Le service détecte les panneaux de signalisation et certains aménagements cyclables (mais cette action est assurée principalement par nos soins).
  • On visionne les photos directement sur l’éditeur OSM.
  • Les aménagements sont ensuite intégrés sur OSM: en vérifiant si un autre contributeur ne l’aurait pas déjà renseigné. L’information part enfin vers le calculateur et les collectivités.

Chez Geovelo
Il existe deux types de collectes:

  • Avec nos villes partenaires: nous procédons à une cartographie initiale ou par zones selon le besoin.
  • Nous répertorions les aménagements cyclables: pistes, bandes cyclables et voies vertes. Périodiquement, nous procédons à une mise à jour du territoire. 
  • Une mise à jour qui concerne également les véloroutes et sites touristiques.

Organisation de notre quadrillage:

  • De l’hyper centre ou autour de la gare, nous passons en revue tous les aménagements cyclables et double sens cyclables. On enregistre la trace en direct pour vérifier nos passages et pour ne pas repasser au même endroit.
  • Nous suivons aussi des itinéraires définis par la collectivité.

Équipement
Dans la pratique, même si le smartphone est l’outil le plus utilisé, l’usage des caméras à 360° se démocratise avec la baisse de leur prix d’achat (1000 à 200€) et l’offre sur le marché de l’occasion (forum Mapillary). Pour ceux qui auraient envie de se lancer dans cette aventure contributive, voici la liste des fournitures:

  • une caméra 360° (fixée sur le casque ou au bout d’une perche) ou un smartphone.
  • des batteries pour recharger en continue la caméra ou votre téléphone.
  • des cartes mémoires: à savoir qu’une carte de 64Go suffit à la journée. Comptez 10Go à l’heure en continue.
  • Prenez garde à la météo, certaines caméras ne sont pas étanches

La remarque de Simon: « On se fait quand même un peu remarquer avec nos caméras, perches et fils de chargement qui sortent de partout ». Avec l’application Mapillary, documenter son territoire est un jeu d’enfant. Lancez-vous!

A voir: La vidéo de Jean-Louis Zimmermann sur « Les bonnes pratiques du photo-mapping » sur Mapillary. State Of The Map Bordeaux 2018

2018-11-08T10:38:16+00:007 novembre, 2018|La vie chez Geovelo|

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